Ça n’arrive qu’une fois par an

15 nov

Cela doit bien avoisiner les 364 jours que j’attends ce moment. Le troisième jeudi du mois de novembre … Jour béni par mes papilles gustatives et mon goût œnologique prononcé. Jour honnis par mon foie obligé de se contracter pour faire sortir la substance liquide rougeâtre par le même orifice par lequel elle était entrée. Un de ces nombreux paradoxes de la vie dirons-nous plus succinctement.

Le troisième jeudi du mois de novembre réitère la folie éthylique qui envahit les foules, avides de s’enivrer à la piquette insipide achetée 1,60€ chez Auchan. Il est beau, il est chaud (ce qui n’est pas forcément bon signe d’ailleurs) le Beaujolais Nouveau !

Mais fi de tous ces préjugés ! Certains domaines vignobles vous offriront leur meilleur cépage de Beaujolais, à déguster sobrement entre amis. Avec un cigare en guise de dessert pour faire passer le goût quand même. On est jamais trop prudent.

Brrrr … Avec une campagne publicitaire pareille, ça donnerait presque envie que l’hiver arrive plus vite !

Certains vous diront « Mais pourquoi attendre un jour spécifique dans l’année pour avoir prétexte à boire du vin ? ». A ceux-là vous pourrez leur rétorquer que là n’est pas la question. Rien ne les empêche d’accompagner leur bol de Chocapic le matin avec un godet de rouge. Certes, la masse populaire aura la fâcheuse tendance à qualifier cette habitude d’alcoolisme, mais que voulez-vous ? Les préjugés ont la vie dure.

Qu’importe, nous sommes au-dessus de tout cela. Oui et je dis nous. Loin de moi l’idée d’englober les lecteurs de cet article dans l’anecdote que je m’en vais leur conter, juste une vanité supplémentaire à ajouter à la liste de mes nombreuses qualités. Je l’avoue, j’aime parler à la première personne du pluriel. Bref. Je n’ai connu les allégresses liées à l’alcool qu’assez tardivement, il faut l’admettre. Autre paradoxe de la vie d’ailleurs puisque c’est lorsque je n’avais pas encore passé le permis que j’aurais pu m’enjailler joyeusement avec quelques canaillous rôdant dans le coin, en nous échangeant nos verres de vodka-orange saveur GHB. Mais mon penchant anticonformiste m’avait conforté dans la saine idée qu’au final, j’en avais rien à foutre.

Roulez jeunesse comme ils disent ! J’ajoute à cela, roulez bourrés. Au final, pour utiliser un lieu commun fort utile quand l’imagination manque lors de l’écriture d’un pareil article, je dirais : on prend des trains différents, mais le terminus reste le même. Enfin … la proportion de conducteurs de TGV reste quand même bien inférieure à celle des automobilistes. La probabilité donc qu’un cheminot ait l’audace de vous conduire de Rennes à Paris avec un changement à Toulouse, complètement imbibé reste en effet plus mince. Mais l’on n’est jamais trop prudent, une fois encore.

"Désirez-vous la carte des vins, Monsieur ?
- Nan merci ça ira, elle est imprimée sur mon pif."

Le Beaujolais Nouveau, dont les origines historiques demeurent aussi sombres qu’un utérus de chèvre, est un jour béni par l’Etat. Surtout depuis que le bien nommé Jean-Louis Borloo est entré dans le gouvernement. En effet, ce sont les hommes (et femmes, sinon j’en connais qui vont pousser une gueulante) au pouvoir qui ont fait paraître un arrêté il y a de cela quelques 61 ans (véridique) annonçant que les vins d’appellation d’origine ne pouvaient être vendus qu’à partir d’une certaine date et pour une durée limitée. Pourquoi ? Le mystère reste encore entier. Plus entier en tout cas que les croquettes que vient de rendre mon persan sur le tapis (persan aussi d’ailleurs) après que je lui eus fait goûter une lichette de nectar fraîchement acheté au Lidl du coin.

Je voulais m’assurer de la solvabilité du produit. Je sais désormais que le Canard WC est inutile, il suffit d’attendre le troisième jeudi du mois de novembre pour faire son plein de produits ménagers. Moins cher, et qui plus est, cette couleur rouge vif qui imprègne l’émail de mon lavabo de salle de bain ajoute un certain cachet à la pièce, je l’admets.

Si j’aurais su, j’aurais pas venu

10 juil

Il y a la guerre, il y a les gentils et il y a les méchants. Tout cela ressemble fort au scénario du prochain film de James Cameron, mais en fait, non.

Quand je dis qu’il y a la guerre, je pense surtout à la Seconde Guerre Mondiale, entre 1939 et 1945 (je resitue au cas où, pour ceux ayant oublié leur programme d’histoire de quatrième). La littérature, le cinéma sont envahis par ce sujet. Jamais événement historique n’aura fait couler autant d’encre et fait autant rouler les bobines des projecteurs de salles de cinéma.

Je me souviens de tous mes professeurs d’histoire, véhéments dans leurs propos, dénonçant ostensiblement le régime nazi. Il y a les gentils et il y a les méchants. Tout le corps professoral s’accordait pour dire que le nazisme représentait le mal, bien que très rarement prononcé comme tel.

En même temps, le contraire aurait été très étonnant. Voire carrément flippant.

La guerre en elle-même a ranimé la verve littéraire de nombre de personnes. L’après-guerre, un peu moins, mais ce sujet reste encore très emprunté pour attiser la flamme des écrivains.

*

Pour des raisons que je m’explique assez difficilement, j’ai toujours été fascinée par la Russie et sa petite sœur, l’URSS. La culture, la langue, la météo, les chapkas et la vodka : tout ça me plait.

Les auteurs russes font partie de mes préférés, bien que je n’aie pas la prétention d’en avoir lu une ribambelle, il me reste encore beaucoup de lacunes. Mais les auteurs ayant écrit sur la Russie ou l’URSS me fascinent tout autant. Avec la révolution d’Octobre 1917 et le passage au communisme, le Saint-Empire russe des tsars s’en est allé pour ne jamais revenir. Du moins, en ce 8 juillet 2012, il n’a toujours pas pointé le bout de sa truffe.

J’ai fini il y a peu un livre, Pain amer, écrit par Marie-Odile Ascher. La fin de la Seconde Guerre Mondiale et le début des reconstructions en Europe. 1946, à Vence, un petit village du sud de la France près de Nice, vit une famille d’expatriés russes ayant fui la révolution bolchevique de Lénine. Le communisme, ça les branchait moyen. La vie en France débute pour eux, et l’adaptation se fait assez rapidement, aidée par les autorités françaises, moyennement enclines à faire la fiesta en apprenant la montée du communisme elles aussi.

On se focalise ici sur la famille Sandansky (c’est marrant ça sonne pas du tout russe hein ?), le père et la mère qui mettent au monde leur premier enfant : Marina, l’héroïne du roman. S’en suit une tripotée d’autres naissances qui viennent compléter la fratrie, le père et la mère n’ont pas eu le temps de s’ennuyer semblerait-il.

Tous les enfants se sentent français, et leur langue maternelle est celle de Molière. Leurs parents rejettent ardemment le système communiste instauré en ex-Russie, désormais devenue URSS. Le reste de la famille se trouve elle aussi en France, et leur nouvelle vie leur plaît, adoucie par le climat clément du sud.

La guerre se passe, dans la terreur. Même si la côte d’azur a été moins malchanceuse et un peu plus épargnée, il n’en reste pas moins que le nazisme s’y est installé un moment. (La Rafle du Vel’d’Hiv ça parle à quelqu’un ?)

Puis vient la libération, dehors les schpountz ! Marina grandit et rencontre son grand amour, le premier, celui qu’on dit pur et vrai, celui dont on se souvient en théorie toute une vie. L’URSS pour elle est une vague idée, une contrée dont elle sait juste qu’elle y serait peut-être née en d’autres circonstances. Rien de plus. Mais c’était sans compter sur le camarade Staline.

Faut quand même admettre, c’est bien beau d’envoyer des soldats se faire ratatiner la gueule au combat, mais après il manque un peu de main d’œuvre au pays quand il faut tout reconstruire. Les traîtres, ceux dont on ne voulait plus jamais entendre parler parce qu’ils ne croyaient pas au fabuleux marteau et à la splendide faucille voletant sur les drapeaux rouges, eh bien ces mêmes traîtres, le petit père des peuples, dans sa grande mansuétude, les a gentiment invités à rentrer au pays, leur promettant tout. On se plaint des pubs Cetelem et de leur slogan, mais à ce niveau-là, c’est même plus de la publicité mensongère que le camarade stalinien a fait. Je crois qu’on appelle ça de la propagande, m’enfin …

Les parents de Marina y voient l’occasion de rentrer au pays et de vivre mieux qu’en France. Car même si elle s’en sortait, la famille Sandansky ne croulait pas sous les richesses non plus. Cette offre s’appelle tout simplement « le début de la fin », et de la faim aussi remarque …

Marina accepte d’accompagner ses parents à contrecœur, juste le temps de l’installation de sa famille, mais elle les a prévenus, elle revient en France dès que tout est en ordre, pour épouser son Marc d’amour et poursuivre ses études. Aaaaaaaaah ! douce naïveté. Tu vas t’en mordre les dents, fillette, de cette décision.

Bref, je crois que vous commencez à comprendre un peu le pitch. Nice-Odessa en train, ça se fait pas en 1h24, comme un Paris-Metz en TGV !

Tout nous est décrit ; le périple, les différents déménagements de la famille, la misère dans laquelle ils vivront en contrée soviétique, la barrière de la langue pour les enfants à leur arrivée, les désillusions plus amères qu’un café bon marché sans sucre, l’injustice omniprésente, la manipulation de la population, la ferveur hypocrite avec laquelle les gens s’expriment de leur système politique tentant de s’auto-persuader qu’il n’en existe pas de meilleur au monde et cætera, et cætera, …

Est-ce que ça se finit bien ? Mais il n’y a pas de fin, tout simplement. Les gens traversent les années, vivent en URSS, sont citoyens soviétiques, ils vivent, ils meurent, tout le monde s’en fiche. Seul le système que l’on nommait socialiste à l’époque échappe à l’écoulement des jours. Jusqu’en 1991.

Je vous engage vivement à lire ce bouquin, si vous n’avez pas peur de froncer les sourcils pendant votre lecture et de creuser vos rides naissantes, ou d’avoir l’air complètement con en vous mordillant la lèvre inférieure à certains passages.

Ouais ouais. Pain amer que ça s’appelle.

 

 

 

Survival, survival qu’ils disaient …

29 juin

 

 

Il en est des choses qui m’échappent en ce bas-monde. Il me faut bien admettre que la biologie moléculaire n’est pas mon domaine de prédilection, quoique j’en maîtrise quelques rudiments. Bref, là n’est pas tout à fait le sujet …

Des choses qui m’échappent, oui. En dehors du temps de gestation d’un éléphanteau dans le ventre de sa mère, de la cuisson des carottes à la vapeur et du choix de la nouvelle coupe de cheveux de Brad Pitt, j’arrive à comprendre, sans me vanter, pas mal de choses sur cette planète.

Je comprends que l’on trouve à redire des films dans lesquels joue Lindsay Lohan, je comprends qu’on évite à juste titre les débats politiques lors des repas de famille au moment de l’apéritif, et je comprends également qu’on aborde le dit-sujet une fois toutes les bouteilles de rosé et de pinot gris écoulées. L’alcool divise les familles, sachez-le.

Mais je dois admettre que la dernière chose en date que je n’ai pas comprise, c’est ça.

Comment après avoir pondu des chefs d’œuvre (non, l’hyperbole ne fait pas partie des figures de style que je suis encline à utiliser) comme Hysteria, Time is running out, Falling away with you ou encore Ruled by Secrecy, on en arrive à faire sortir de sa délirante mais non moins intéressante imagination ce qui est censé s’apparenter à une chanson …

Plus j’écoute Muse, plus je me désole en m’apercevant qu’elle est loin l’époque des instruments aux sonorités plus rock qu’orchestre symphonique simili-amadeusien. Je ne blâme pas Mozart, loin de là, j’aime beaucoup ses peintures.

Tout comme la mode, j’ai dans l’espoir que la musique est elle aussi cyclique et que le trio anglais si cher à mon cœur (et pas uniquement Matthew Bellamy, dont le physique avantageux n’oriente nullement mes propos) saura revenir aux sources. Aux sources, c’est-à-dire à de la musique écoutable sans se faire au préalable une piquouse au bras gauche. Ou au bras droit, si on est gaucher.

Je n’ai rien contre la drogue, bien au contraire. Sinon je n’écrirai pas ce texte depuis ma villa au bord du Lac Léman (trop de Russes sur la côte d’Azur) en sirotant un mojito. Mais je trouve que parfois, les artistes devraient s’abstenir d’en prendre, pour le bien de nos oreilles. Ça a plutôt réussi à certains dans leur carrière, quoique Jimi Hendrix a quand même fini étouffé dans son propre vomi des suites d’une soirée un peu trop arrosée au Macumba du coin. Les litres de whisky avalés ne sont pas les seuls suspects dans cette affaire, je flaire aussi le côté obscur de la coke dans cette satanée histoire. *Snif* Oui je la flaire même bien. Bref.

Les enfants, la drogue ça vous fera clamser à 27 ans, sachez-le.

Pour en revenir à Muse, le fait que le single ‘’Survival’’ sorte à l’occasion des JO de Londres qui se tiendront d’ici quelques semaines à … (Le premier qui dit Singapour sort de cette salle immédiatement), n’est en rien une coïncidence fortuite (j’aime les pléonasmes aussi). Les trois membres du groupe britannique sont … oui britanniques, et fiers de représenter leur pays ! Ça change. (Jean-Pierre Pernaut, sors de ce corps). Un petit coup marketing pour promouvoir un des événements sportifs les plus attendus de cette année avec un groupe plutôt en vogue, il faut bien l’admettre, et un album prévu à la rentrée. Certes, je n’ai rien contre un peu de publicité, on s’en sort toujours mieux en incitant à la consommation de choses inutiles. Quoique le milieu de la drogue n’a jamais eu besoin de placarder des affiches de 8 mètres sur 5 dans la rue pour continuer à vendre des pilules roses.

  • Nan Monsieur, les pilules bleues c’est à la pharmacie, Monsieur.

Mais je reste dubitative quant au qualificatif ‘’musical’’ que l’on attribue à cette chanson. Et je n’aime pas avoir des doutes. Car Muse est un de mes groupes préférés, et je ne compte pas changer d’avis à ce sujet. Je me plais à rester plantée sur mes positions avec toute la mauvaise foi qui l’y sied.

‘’Survival’’, c’est le nouveau titre de Muse. Et c’est vrai qu’on a nos instincts de survie qui refont surface. LSD nécessaire pour une première écoute.

En revanche, je suis beaucoup moins sûre que l’on revive une fois ce single écouté. Je dirais même que ce serait plutôt l’inverse. Une soudaine envie de se laisser crever sur le bas-côté d’une autoroute entre Angers et Niort nous surprend quand on entend les premières notes.

« Bonjour et bienvenue à la foire aux notes, achetez toutes les notes qui vous plairont, j’ai un magnifique si bémol en stock ! Pas cher, pas cher ! Et si vous achetez 3 accords, le quatrième est offert pour remplir votre partition et créer une chanson ! ». Ça, c’est le marché auquel se rend Christophe Maé quand il veut écrire un nouveau titre. Toujours les mêmes accords, mais avec quelques tons de décalage, pour pas se faire griller quand même. Pas con le mec.

« Naaaaaaa ma vous né comprénez pas Signor ! C’est teeeaeeellement 2011 dé faire oune chanson qui sonne jouste ! Tout l’intérêt dé l’art, qui plouzé, l’art mousical, c’est de faire des accords dissonants, qui intriguent céloui qui écoute votré mousique ! ». Ça, en revanche, c’est la boutique musicale à laquelle se rendent les 3 filous qui composent Muse. De l’originalité, que diable !

Il me semble avoir dit plus haut que j’aimais rester campée sur mes positions ; trop d’originalité tue l’originalité. (Et c’est bien pour cela que je sors une phrase aussi bateau que celle-ci).

Je conclurai de la sorte : Muse a réussi à se faire connaître grâce à une vraie personnalité, une violence dans les riffs de guitare, plus complexes que dans la pop que l’on pouvait entendre à la radio, une douceur de certaines mélodies aussi, qui en inciteraient plus d’un à la débauche corporelle, et surtout des paroles recherchées qui ne s’épanchent pas sur les perpétuels états d’âme que l’on éprouve tout au long d’une vie. Je n’ai rien contre ce genre de chansons au contraire, sinon je n’aurai pas l’album de David Charvet chez moi.

Mais à vouloir toujours se surpasser pour surprendre son public, il arrive qu’on le surprenne un peu trop. Les gens n’aiment pas les surprises. Surtout quand elles sont mauvaises.

 

 

20 ans et toutes ses dents

6 mai

Avoir 20 ans est pour moi beaucoup plus significatif que d’en avoir 18. Certes, passé les 18 balais, on se dit que la consommation d’alcool devient légale, que sa voix de citoyen peut enfin être entendue, mais en réalité, c’est à peu près tout.

A 18 ans, la plupart du temps, à moins d’avoir sauté la grande section de maternelle parce qu’on savait colorier un dessin sans dépasser, ou le CP parce que Maman nous avait déjà appris à lire ‘’Lucie la petite fille en sucre’’, on passe le bac. Youpi.

Bon, je suis bien hypocrite en feignant l’ironie du ‘’youpi’’, parce que mon bac, je l’ai eu fingers in the nose à force de courage, de patience et de travail constant tout au long de ma scolarité (je vous autorise à me haïr). Mais le fait est, reste encore à le passer ! C’est bien beau de pouvoir se pinter la truffe en toute liberté et légalité, mais sans le précieux sésame qui vous autorise à passer aux choses sérieuses (mais quelle bonne blague), votre vie n’est rien.

Mais non, pas ce BAC-là enfin …

Avoir 20 ans, qu’est-ce-que c’est ? C’est tout d’abord la fin d’une dizaine (j’ai fait Math Sup-Math Spé aussi, j’avais omis de vous le conter), dans laquelle on a grandi, on s’est épanoui, on a connu ses premiers émois. Aaaaaah … Doux souvenir de la première fois où j’ai racketté un sixième j’ai piqué le Chanel n°5 de ma maman chérie …

10 ans : « Youpi ! J’ai enfin un âge à 2 chiffres, je suis grand maintenant ! »

11 ans : entrée au collège (pour ceux ayant suivi un cursus normal), vous jouez dans la cour des grands les copains, dans 4 ans, c’est le brevet ! Vous êtes un peu désorientés, parce que la gym de la primaire se transforme comme par magie en EPS, mais vous continuez quand même à jouer au loup, à la balle au prisonnier ou à la pelote basque (selon la région de laquelle vous venez), parce que franchement, discuter de David Charvet (il est toujours vivant au fait ?) ou de la superbe remontée du FC Metz en ligue 1, c’est pas pour tout de suite. Chaque chose en son temps.

Ah oui, détail important qui changera votre existence à jamais : on apprend la flûte en musique. Et y’en a toujours un qui se la pète en montrant qu’il a appris la musique de Titanic « sans partition hein ! »

12 ans : toujours dans l’hypothèse d’un cursus normal, vous entrez en cinquième, et là, c’est le drame. Le cours de physique se rajoute à la liste des matières qu’il faut travailler pour avoir des bonnes notes. Casser des éprouvettes, étudier le cycle de l’eau, faire enrager votre professeur adoré qui vous rabâchera tout au long de l’année « Vous êtes la pire classe que j’ai jamais eue ! » … Puis pour les plus courageux qui se destinent déjà à l’agrégation en lettres classiques, il y a le latin.

13 ans : la quatrième. Une deuxième langue à choisir, donc une autre matière qui s’ajoute. Le sac est énorme, chaque professeur vous demande d’amener le livre de son cours, il n’y a pas de casier à disposition, déjà deux ans que ça dure, donc première visite chez le kiné avec maman pour analyser votre début de scoliose. On se souvient de la lolita (pour ne pas dire poufiasse) blonde qui a décidé, à force d’engagement politique et de conviction personnelle, de ne pas choisir l’allemand en deuxième langue, « parce que franchement, apprendre la langue des nazis qui ont tué tous ces gens, nan sérieusement, jamais quoi ». 13 ans, première envie sérieuse de coller des tartes aux gens. Bon en même temps, ça m’a pas empêché de choisir espagnol. Mais bref, passons.

Propagande.

14 ans : wouhou, la troisième, le brevet c’est à la fin de l’année, il va falloir travailler encore plus ! La charge quotidienne se fait plus lourde (je ne parle pas nécessairement du poids des sacs sur le dos), et les futurs énarques choisissent d’apprendre le grec. Ils pensent déjà au bac qui viendra quelques années plus tard en se disant « c’est pour les points en plus, c’est mon père qui me l’a dit »

En troisième, on a déjà acquis une petite expérience sentimentale, buccale, voire pour les plus précoces doués, sexuelle. Certains fument leur première cigarette pour atténuer le stress que leur provoque la venue du brevet au mois de juin. C’est le début de la déchéance. Mais chaque chose en son temps voyons, il y a le lycée qui arrive.

15 ans : entrée en seconde. Monde de liberté, je te découvre ! Sorties de l’établissement plus contrôlées, une aisance déconcertante pour sécher les cours et fumer sa première cigarette à l’eucalyptus sur l’herbe devant le lycée avec les terminales qui connaissent la vie, eux. Les filles se maquillent de plus en plus, les garçons bandent de plus en plus.

La drogue, c’est MAL !

Sin City, here we are ! La seconde est synonyme de laisser-aller et de découvertes en tout genre. Premier coup de foudre, premier vrai contact avec le monde éthylique. Mais bon, on commence avec la bière hein. Chaque chose en son temps j’ai dit … Et le plus merveilleux dans ce parcours initiatique, c’est qu’il n’y a pas d’épreuves administratives à passer au mois de juin. Juste une option à choisir en début d’année (qui a pris éco parmi vous ? Oui toi au fond de la salle ? Tu sors.)

16 ans : héhé, on choisit son orientation les cocos ! S, ES ou L pour les filières générales, et STI, ST2S, STG pour toutes les autres que je ne connais pas (pardonnez-moi si j’omets toutes les autres filières technologiques, BAC pro etc., mais la place me manque, et la connaissance en ces domaines encore plus).

Les plus fiers, ou les plus endoctrinés par la société et/ou Papa-Maman, choisissent S « parce qu’il y a plus de débouchés », les fans de J.K Rowling et Stephenie Meyer ou les plus glandeurs optent pour la L, et les plus indécis ou les férus d’éco (toi, au fond de la salle, je t’ai dit de sortir) s’orientent vers la ES. Des matières qui sautent pour se concentrer vers sa spécialité, puis le bac de français à passer. Qui se souvient encore de son sujet ? Je me souviens juste que c’était sur le théâtre. J’en pleure encore.

17 ans : le bac, le vrai, c’est à la fin de l’année. Et plus qu’un an avant la majorité et de pouvoir voler de mes propres ailes, de quitter mes parents « trop cons, qui comprennent rien à la vie, et encore moins la mienne ». En attendant cet instant jouissif pour les uns, ou larmoyant pour les autres, il faut travailler. Ou sortir. Ou les deux. Les mois s’écoulent puis le mois de juin arrive. La moiteur des salles font poisser nos doigts qui tiennent les stylos tentant vainement de répondre à la question « La recherche de la vérité peut-elle être désintéressée ? ». Oui, non, peut-être. Allez, emballé c’est pesé. On rate la fête de la musique, on en veut au ministère de l’éducation nationale, on va se pinter la truffe tous en joie la veille des résultats, et puis on part en vacances.

Qu’ils sont studieux.

18 ans : premiers pas dans le monde de ceux qui veulent se prendre pour des adultes. La volonté y est. Les quatre premières heures. Puis on se rend vite compte que la liberté nous tend les bras. On est fauchés mais ça nous fait doucement rire. Le permis fraîchement en poche, un père et une mère compréhensifs qui vous prêtent leur voiture (la moins bien des deux, au cas où on l’abîmerait), et c’est parti pour la soirée. Bon, quand on est censé faire Sam (celui qui conduit, c’est celui qui boit le moins), c’est moins rigolo, je l’admets. Mais sans alcool, la fête est plus folle voyons !

La première année d’études supérieures a tout de même légèrement tendance à faire frémir d’inquiétude les plus indécis ne sachant pas à quelle voie se destiner. Alors, posons nos jolies fesses sur les bancs de la fac du coin, au milieu d’une foule aussi motivée qu’un pilote de F1 à l’idée de conduire une Smart. Et puis il y a les autres ‘’qui s’éclatent dans ce qu’ils font’’, ‘’qui ont trouvé leur voie’’ et qui se réorientent à la rentrée suivante.

19 ans : deuxième année pour les uns, redoublement pour les autres, ou (cf. ci-dessus) réorientation complète. Les soirées s’enchaînent, les piles de feuilles que l’on doit réviser pour les partiels aussi. Et puis c’est le début d’une routine qui nous attend peut-être jusqu’à la fin de nos quarante ans de cotisation … Bonne chance futurs employés de la fonction publique.

20 ans : rien ne change vraiment. On finit de grandir et plus les années passent, plus Papa et Maman nous pressent pour trouver un futur gendre bien comme il faut. Ca marche aussi avec ‘future belle-fille’’. Il faut pondre des gosses afin qu’ils puissent à leur tour payer nos retraites. Réjouissant ? Bah oui bien sûr : suffit de voir le verre à moitié plein. Z’auriez préféré vivre en Grèce ?

Bref. J’ai 20 ans, j’ai le droit de vote et on est le dimanche 6 mai 2012, donc je m’en vais mettre mon nom dans l’urne. Adieu.

Il suffit de bouger la tête sur du Lene Marlin.

1 mai

Quand les donzelles ressortent les jupes et laissent apparaître leurs mollets, cela annonce une chose mes amis. Pas seulement l’état second dans lequel se retrouvent ces messieurs à la vue des quelques parcelles de peau injustement cachées pendant une (trop) longue période hivernale, mais également une nouvelle effervescence musicale. Bon, en réalité, les filles en jupe courte n’ont rien à foutre là, c’était juste pour attirer votre attention.

Je vois pas pourquoi ça excite les mecs les filles en jupe. Non vraiment, je vois pas …

En bref, net et précis : dès que le soleil apparaît, ressortez vos banjos moussaillons ! La musique se veut festive, gaie, et on veut de la bonne humeur (nom d’une poutrelle). L’ambiance est jouasse, le soleil montre sa frimousse, en route pour des nuits d’ivresse !

Imaginons un peu une scène quotidienne :

« Lilalilalou, je suis dans le métro, et qu’est-ce que je m’embête. Tiens je vais voir ce que j’ai dans mon iPod, et comme j’ai la puissance onirique d’un Tarantino en plein trip LSD, je vais faire comme si j’étais la vedette d’un clip. »

Chut, taisez-vous, vous l’avez fait vous aussi. Bref. L’obscurité tombe sur la ville, il fait noir, il pleut des cordes, l’atmosphère est pesante, les odeurs moites suintent le long des fenêtres rayées du métro. Vous êtes presque seul dans la rame qui vous ramène chez vous. C’est un peu glauque quoi, et pour affirmer le tout, un bon gaillard d’une cinquantaine d’années vous reluque depuis 3 ou 4 stations (ceci vaut aussi bien pour les hommes que pour les femmes). Ecouter le générique de Oui-Oui que vous vous passez habituellement en boucle ne vous met pas dans ce climat étouffant que vous essayez de vous créer pour vous persuader que vous êtes cette fameuse vedette de vidéo-clip. En bonne personne à l’imagination débordante que vous êtes, vous vous passez une musique au rythme effréné, aux sons saturés, et vous le voyez, ce Tarantino qui vous filme en contre-plongée, en insistant bien sur les contrastes des couleurs, puis qui fait un gros plan sur vos mains en train de jouer avec votre briquet ou votre couteau suisse l’air de dire « Awé hein, tu me mates toi en face ? Approche-toi et tu vas voir » genre j’suis un peu un rebelle et j’vais t’faire ta misère si tu t’avances trop. En général on écoute ce genre de truc, parce que de une, c’est stylé à mort (wesh négro t’as vu), et de deux, parce que ça nous met dans l’ambiance voulue : glauque, speed et légèrement torturée.

Touche pas ça coûte cher.

Mais nous voilà nous approchant de l’été mes bons ! Exit les chansons un peu zarbis que vos parents ne pourraient pas écouter sans saigner des oreilles, place à de la ‘’normalité musicale’’. Petite pop douce et mélodieuse, un brin sucrée qui accompagne vos après-midis ensoleillées, votre gros casque Beats by Dr Dre sur les écoutilles en route pour le ravissant lieu où vous tentez de finir vos études. Le soleil finit de se lever, et vous avec lui, vous prenez le tram avec un son de guitare folk qui donnerait néanmoins envie à n’importe quel fan de country de taper du pied avec ses santiags, un peu genre avec ça.

Et pour endiabler vos soirées, après une petite piquouse dans le bras gauche (oui, vous êtes droitier), vous écoutez ça ou bien ça.

En gros, la musique y’en a pour tous les goûts. Mon neveu Jean-Edouard a plutôt tendance à rester dans sa chambre à écouter les nocturnes de Chopin (bien que je l’aie surpris en train de télécharger du Orelsan ce salopiaud !), tandis que mon père reste toujours accro à Goldman.

Y’en a pour tous les goûts, et y’en a pour tous les temps, toutes les saisons, tous les endroits tout ça … J’ai la fâcheuse tendance à chanter à tue-tête ‘’Come What May’’ du film Moulin Rouge dans les rues de Paris en présence d’une certaine personne, qu’il pleuve ou que le soleil m’inonde de ces beaux rayons (c’est beau ce que je dis parfois), parce que c’est Paris quoi.

Quand il pleut, soit on écoute Coldplay parce qu’on est dans un état de semi-mélancolie, soit on saute à pieds joints dans une flaque d’eau en faisant tourner son parapluie l’air de ‘’I’m singin’ in the rain …’’ à la bouche. Quand il fait beau, qu’on en a marre de son mec qui ne prête pas attention à nous mais qu’on n’a pas envie de déprimer pour ça, il suffit de bouger la tête sur du Lene Marlin.

C’est beau la musique. Mais bon, je vous abandonne, j’ai une furieuse envie d’écouter René la Taupe.

Allez avouez, il est mignon quand même ?

Gertrude est une femme virile

28 mar

     Aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler d’une espèce dont l’appellation n’est pas très connue du grand public. Vous en connaissez probablement dans votre entourage, mais vous ne savez cependant pas la nommer. Mais nul besoin de nommer cette créature n’ayant goût à se plier aux formes et aux usages princiers qui régissent notre belle démocratie française, parce qu’en général, elle a un prénom.

     Pour faciliter la rédaction ainsi que la lecture, nous appellerons la dite-créature Gertrude.

Gertrude est jeune, Gertrude est pleine de vie mais Gertrude a une légère tendance à la psychopathie aux yeux de ceux la croisant dans la rue. C’est un fait, Gertrude est un homme.

D’un point de vue strictement morphologique, Gertrude est bel et bien une femme, pas de doute à avoir, mais son attitude avec son entourage, qu’il soit masculin ou féminin, est une entrave à une vie sociale à peu près normale. Donc Gertrude est en réalité une femme virile. En effet, cette jeune gourgandine – dont le comportement parfois plus proche de celui d’un animal à cornes que d’un être humain – a le vilain défaut d’être elle-même. Quelle erreur !

Mais cette vile créature me fait de la peine quand j’arpente les rues de Paname et que j’en déniche un spécimen. Voici pourquoi je vous délivre un petit manuel à l’usage de ceux souhaitant apprivoiser une bête telle que Gertrude. Ce manuel n’est point exhaustif, et n’importe quel ajout est bien évidemment le bienvenu.

Guide d’utilisation d’une Gertrude :

-      Gertrude est bel et bien une femme, il ne faut jamais l’oublier. C’est une femme, donc c’est un être humain. Elle se nourrit de tout ce qui a un goût à peu près comestible. Il a sûrement dû lui arriver dans sa fougueuse jeunesse de brouter quelques pâquerettes (d’où le comparatif avec un animal à cornes, vous l’aurez compris), mais globalement, elle engloutit des aliments que n’importe quel Homme a déjà englouti au cours de sa vie.

Donc Gertrude aime les pâtes.

Au moins, ça se mange.

-      Gertrude aime boire des bières. Mais jamais seule ! Elle a déjà essayé de boire de l’alcool toute seule une fois, mais ce fut une expérience assez désastreuse car le doux breuvage qui délectait ses papilles avait le goût amer de la solitude. Les fous rires accompagnant d’ordinaire les canettes de Kro, 1664 ou Leffe demeuraient absents. Gertrude ne but plus jamais seule de sa vie. Non mais !

Mais Gertrude n’est pas fermée aux autres nectars alcoolisés qui s’offrent à elle. Elle n’a aucun complexe à affirmer qu’elle aime l’alcool car cela la met dans de bonnes dispositions pour être elle-même. Mais en pire.

Si vous voulez rire au cours d’une soirée, il vous suffit d’avancer sur une table basse un petit récipient fait de verre, communément appelé shooter, d’y verser un brin de Tequila, ainsi vous vous assurez de pouvoir vous foutre ouvertement de la gueule de Gertrude !

Donc Gertrude aime l’alcool.

-      Gertrude est une grande rêveuse. Il faut savoir que sous ses atours virils et ses jolies phrases fleuries (oui parce que Gertrude aime beaucoup les oiseaux, à tel point qu’elle en nomme souvent au cours d’une conversation), elle s’intéresse à beaucoup de choses. En général, elle se revendique de la musique qui reste une de ses plus grandes passions. Elle aime la lecture et se plaît beaucoup à (re)découvrir les auteurs classiques que la plupart de ses camarades rejetaient au lycée.

C’est un état d’esprit, juste pour s’affirmer et se la jouer un peu, Gertrude aime parfois ce que les autres n’aiment pas.

De temps à autres elle se donne des airs bobo, même si elle les a en horreur. Lorsqu’elle s’entend parler, elle ressent quelquefois ce besoin d’auto-flagellation pour se punir de tenir un discours aussi pédant. Elle ne renie pas la culture populaire, au contraire, elle a grandi là-dedans, elle aspire juste à plus d’éclectisme et de diversité.

Donc Gertrude aime se culturer (et se la jouer un peu).

J’ai lu le Petit Prince à 6 ans moi aussi. Je suis donc une bobo.

-      Gertrude ne pleure jamais (ou presque alors, mais faut pas le dire sinon elle cogne). Gertrude est une créature hypersensible mais qui ne le montre que de façon indirecte et détournée. Pour se référer au point juste au-dessus, afin de laisser aller ses émotions, elle fait de la musique. Elle n’est pas très sportive et elle déteste courir, même après les garçons. Donc à la place, elle gueule dans sa chambre une chanson des Cranberries jusqu’à temps que les voisins tapent sur le mur. Après ça va mieux.

A savoir également, pour rester dans le domaine de l’hypersensibilité, que si elle ne pleure pas et a horreur de s’apitoyer sur son sort, il n’est pas impossible (et même carrément probable) qu’elle épuise son stock de réserve lacrymale devant un film dit ‘’de gonzesses’’. C’est comme ça qu’elle fonctionne la Gertrude, elle est empathique et s’approprie les douleurs des personnages dans un film, et ça lui permet d’évacuer ses larmes.

En revanche, il devient de plus en plus difficile de lui trouver des films qui la fassent pleurer. Ayant trop vu Titanic, elle a la méchante manie de se marrer d’un gros rire gras lorsque Jack coule à la fin du film.

Donc Gertrude est sensible – mais sadique.

-      Gertrude est simple. Du moins, c’est ce qu’elle pense. Elle a horreur des gens qui ‘’cherchent les embrouilles vidmareum’’, et en général elle les qualifie de ‘’personnes dont la vie n’a aucun intérêt et qui créent des problèmes afin d’avoir quelque chose à faire et à raconter à Maman le soir en épluchant les concombres’’.

Elle évite les conflits, mais ce n’est pas pour autant qu’elle est lâche. Quand une personne la menace de lui foutre un coup de boule, Gertrude repense instinctivement à ses cours d’Aïkido, reçus dans sa tendre jeunesse (lui ayant d’ailleurs permis de terrasser plusieurs de ses camarades plus grands qu’elle en CM2). Elle s’imagine un carnage sanglant entre elle et le fou ayant eu l’audace de la provoquer, tout en se répétant des phrases poétiques dans la tête « Tu vas bouffer du gravier grosse catin ! »

N’oubliez jamais que malgré le goût de Gertrude pour la littérature, proférer des insultes douteuses demeure une de ses activités favorites.

Donc Gertrude ne se prend pas la tête – mais est violente.

Et tiens, prends ça.

-      Mais surtout, la chose à savoir sur Gertrude, c’est qu’elle aime. Elle aime beaucoup, beaucoup de choses. C’est une vraie hédoniste, elle a fait pas mal d’erreurs dans sa vie la bougresse (et elle continue), mais « qui n’en fait pas ? » aime-t-elle se répéter. Elle aime donner, d’ailleurs qu’est-ce qu’elle s’est faîte pigeonner cette idiote ! Faudrait bien penser à lui apprendre la vie à celle-là aussi tiens … Mais elle s’en fout en fait, un rien la rend heureuse : un nuage en forme d’Aston Martin, un sandwich au thon, une belle somme créditée sur son compte (non Gertrude n’est pas vénale, taisez-vous donc mauvaises langues !) …

Sachez une chose, Gertrude aime la solitude, ça ne lui fait pas peur, bien au contraire, parce qu’elle aime se retrouver toute seule à discuter avec son alter ego (ou son narcissisme si vous préférez). Mais surtout, elle aime passer énormément de temps avec ses amis et sa famille. C’est d’une banalité absolument affligeante, certes, mais elle n’est jamais aussi heureuse que lorsqu’elle rit et fait rire (même malgré elle).

Mais le gros problème de Gertrude, c’est qu’elle aime les garçons.

Avec un tel descriptif, on pourrait penser que Gertrude n’est que l’archétype de la lesbienne qui a peur de sortir du placard, mais que nenni ! Elle aime tellement les garçons que ce sont ses amis. Gertrude est heureuse, mais elle déprime parfois. La pauvre minette désespère de trouver quelqu’un avec qui être, alors parfois elle se pose plein de questions « Ca doit être la bière, à tous les coups ! ».

Et au final, Gertrude s’en fiche. Elle a de l’air dans les poumons, elle a toujours un bouquin à lire, des amis sur qui compter et une famille qui l’aime (et qui recrédite son compte en banque régulièrement) (mais non enfin, puisque je vous dis qu’elle n’est pas vénale !)

Donc Gertrude est amoureuse de la vie, et globalement, elle vous emmerde.

Bref, Gertrude est une femme virile.

Ah et aussi, Gertrude n’est pas rancunière.

I need un téléphone portable

18 fév

-      Bonjour, j’aimerais changer mon téléphone portable, j’ai malencontreusement fait tomber l’ancien dans les toilettes.

-      Très bien, ça arrive. Quel modèle aviez-vous ?

-      Un Nokia 3410 je crois …

-      …

-      Je l’aimais bien, une fois je l’ai lancé contre une vitre, et c’est la vitre qui s’est cassée.

-      Je vois. Etant donné que vous êtes un de nos clients depuis bien longtemps (en même temps, pour avoir un 3410), nous pouvons vous proposer, avec tous les points que vous avez cumulé, un Samsung Galaxy SII !

-      Ouais un portable quoi.

-      Non Monsieur, ce n’est pas un simple portable … C’est LE portable !

-      Oui, il sait téléphoner et envoyer des SMS.

-      Oui mais avec son design premium et son processeur Dual Core de 1.2GHz, vous arrivez à une connectivité presque surnaturelle pour un appareil aussi fin. Regardez la taille de l’écran et l’épaisseur de l’appareil ! C’est incroyable ce que la main humaine est capable de produire !

-      Oui enfin, vous savez, moi je veux juste téléphoner et envoyer des messages, j’ai un ordinateur pour aller sur Internet.

-      Oui mais avec CE processeur, vous allez encore plus vite via votre portable que de chez vous avec un poste fixe.

-      J’m’en tape de ton ça-me-soungue galaxie esse-2, j’veux un téléphone qui téléphone petit, t’as pigé ?

Mais j'ai des supers couleurs.

La vie est dure pour les gens qui ont fait tomber leur portable dans les toilettes alors qu’ils envoyaient un message à leur tendre moitié « Je suis en route, j’arrive dans 5 minutes ». Parce qu’ils viennent de dire adieu au seul appareil encore capable d’envoyer des messages sans que la touche numéro 7 ne se soit pétée, alors même qu’il vient de tomber du 5ème étage de l’immeuble. Snif.

Etrange évolution. On pourrait penser que plus les années avancent, plus la technologie fait des progrès. FAUX et archi-FAUX !

Avant, lorsque l’on achetait un téléphone portable, on le changeait au bout de 10 ans. Cause : l’écran commençait à se rompre. De l’intérieur. Durée de vie actuelle d’un téléphone portable : 6 mois (et encore, s’il a de la chance).

"Hiiiiii ! Ca y est j’ai enfin mon iPhone 4S ! Regarde Roxanna, il est trop bôôôôôôôôô ! Oh non flûte zut crotte ! Il vient de tomber et l’écran est tout fissuré, je ne peux même pas l’allumer !"

Outre le fait que Roxanna ait un prénom d’actrice porno norvégienne des années 70, on remarquera que sa super copine (que l’on n’appellera pas) a commis quelques erreurs impardonnables :

-      Avoir dépensé le montant de son livret A pour un smartphone n’ayant pas dépassé la durée de vie de 5 heures et 24 minutes.

-      S’être laissée berner par la firme à la pomme qui attire les moutons grâce à un design épuré faisant ainsi oublier le prix faramineux d’un objet dont le coût de production n’a pas dépassé 99$ TTC.

-      Avoir une amie qui s’appelle Roxanna.

Hihihihi, my name is Roxanna !

C’est cher, ça se casse vite. Bon d’accord, c’est joli et on peut faire des dessins dessus, mais la base-même de cet engin, c’est quand même de téléphoner.

-Aaaaaaaaah ! C’est pour ça que ça s’appelle téléphone portable ?

C’est bien possible jeune gourgandine.

Mais penchons-nous sur le qualificatif qui accompagne le substantif désuet de ‘’téléphone’’. Portable donc. C’est portable, ça veut dire qu’on peut le transporter dans son sac, dans sa poche. La première solution reste encore envisageable, la seconde, beaucoup moins.

On passe de ça, à ça, puis à ça, et enfin à ça. Expliquez-moi : comment peut-on glisser dans sa poche un appareil électronique dont la longueur et la largeur dépassent le diamètre-même d’une jambe humaine ?

Je n’ai rien à ajouter, bonne nuit.

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